
Annoncée au printemps, la suspension du dispositif MaPrimeRénov’ a provoqué une onde de choc au sein de la filière bois et dans le monde du bâtiment. Pensée comme un pilier de la transition écologique, la « prime »…
Annoncée au printemps, la suspension du dispositif MaPrimeRénov’ a provoqué une onde de choc au sein de la filière bois et dans le monde du bâtiment. Pensée comme un pilier de la transition écologique, la « prime » avait permis à de nombreuses TPE artisanales de structurer leur offre, d’investir ou de former leurs équipes. Mais, en interrompant brutalement les financements pour les rénovations d’ampleur, l’État – qui pointe du doigt le nombre croissant de « fraudes », les trop nombreuses demandes ou des financements non attribués – fragilise encore un peu plus un équilibre déjà précaire.
Menuisiers, charpentiers, agenceurs, fabricants d’isolants biosourcés : les professionnels subissent de plein fouet les conséquences de ce gel partiel. Annulations de devis, mises en pause des projets, pertes de trésorerie… les retombées sont immédiates. Même si le gouvernement a finalement octroyé le maintien du dispositif pour les monogestes, sur le terrain, certains artisans envisagent déjà des réductions d’effectifs, ou le report de recrutements prévus pour l’été. Et les syndicats du bâtiment tirent la sonnette d’alarme : pour la Capeb, « ce brutal coup d’arrêt compromet l’équilibre économique de milliers d’entreprises artisanales [et nous demandons] le rétablissement immédiat du versement des aides, et la mise en place d’un dispositif stable et durable ». Même son de cloche pour la FFB, qui rappelle que « la rénovation énergétique ne peut pas fonctionner par à-coups. Les entreprises, notamment les plus petites, ont besoin de visibilité pour s’organiser, recruter et investir. Cette décision met en péril la confiance construite depuis plusieurs années ».
Au-delà de l’impact économique, c’est la cohérence globale de la stratégie de rénovation qui est mise à mal. Alors qu’un « recentrage » est prévu à l’automne, espérons que la nouvelle mouture du dispositif soit pérenne, efficace et fiable. Il ne suffit pas de décréter la rénovation énergétique comme grande cause nationale, encore faut-il s’en donner les moyens !
Adèle CAZIER
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